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C'est le 24 mars dernier qu'une soixantaine de membres du club nantais de Krav Maga ont participé à une journée d'information sur les premiers gestes d'assistance au centre de secours de la Chapelle-sur-Erdre (44).
Le pratiquant de Krav Maga est plus habitué à distribuer des bourre-pif qu'à exercer le bouche-à-bouche. Pourtant dans le cadre des sorties "éducatives" organisées par Loïc, professeur de Krav Maga à Nantes (LASD), c'est une soixantaine d'inscrits au club nantais qui ont participé, le 24 mars dernier, à une journée d'information sur les premiers gestes d'assistance, au Centre de Secours de la Chapelle-sur-Erdre (44), orchestrée par des sapeurs pompiers, des formateurs de secourisme professionnels, et un médecin. "Ce n'est pas une formation, juste une sensibilisation à travers des évocations de cas concrets pour la théorie, et, d'ateliers pour la pratique", précise René (formateur secouriste et pompier retraité). Au programme donc, révisions anatomiques et conduite à tenir lors d'un accident. "La première chose à faire, c'est d'alerter les secours", lance Patrick, le secouriste. Cette La Palissade n'est pas toujours un réflexe. Puis, il faut savoir dresser le bilan de la situation. "Les secours ont besoin d'un bilan circonstanciel, de savoir ce qui s'est passé ; est-ce une chute ? une agression ? un incendie...", explique Olivier, le médecin. "Puis, il faudra faire un bilan lésionnel, afin de localiser les blessures éventuelles, est-ce à la tête, ou à l'abdomen, par exemple". Un bilan précis permet aux secours d'intervenir avec un matériel adéquat. C'est aussi ce que les spécialistes nomment le HCVC. Il faut donc constater et mesurer les hémorragies (H), le niveau de conscience du blessé (C), sa respiration (Ventilation), et la circulation du sang (C) que l'on estime par le teint de la personne et la prise de son pouls. Les secouristes soulignent alors l'importance du sang. "Le sang amène l'oxygène partout dans le corps et le cerveau : pas de sang, pas d'oxygène", résume Stéphane (commandant des sapeurs pompiers).
Si être secouriste exige d'avoir de l'estomac, ceux des "élèves" ce jour-là se sont régalés d'un boeuf bourguignon savamment préparé par Damien le traiteur. Merci. Après la pause déjeuner, trois "ateliers" ont sommairement décliné la pratique du secourisme. Premièrement : de l'importance de savoir alerter. "Un individu sur les lieux d'un accident est le premier maillon de la chaîne du secourisme, protéger la victime et alerter, c'est déjà bien", explique Stéphane. "Il y a plusieurs façon d'alerter, ne serait-ce qu'en faisant du bruit, klaxon, cri, etc. Et bien évidemment, il faudra faire un numéro d'urgence au téléphone : le 15 pour le Samu, le 18 pour les pompiers, le 17 pour la police, quant au 112 sur les mobiles, son attribution change en fonction des préfectures. Mais le 112, c'est européen, et multilingue". Puis le pompier de rappeler qu'il est important de ne jamais mettre fin à la conversation téléphonique sans en avoir été invité par les services de secours. Ensuite les "stagiaires" ont notamment pu s'exercer aux compressions thoraciques de la méthode d'Heimlich (cette technique devant être adaptée à la corpulence de la victime !). Un second atelier, mené par René, a initié chacun aux nouvelles techniques de mise en position latérale de sécurité (PLS) d'une victime. "Une personne inconsciente peut s'étouffer elle-même, de plus, son corps est inerte et n'a pas d'équilibre", dit-il, "il faut lui ouvrir la bouche, dégager sa langue en la crochetant avec les doigts, défaire ceinture, col et cravate, puis plier la jambe droite, faire rouler le corps sur le côté gauche, de manière à ce que la victime reste dans cette position... tout en expliquant à voix haute ce que vous faites, autant pour les "témoins" que pour la victime -en supposant toujours qu'elle peut vous entendre, même inconsciemment".
Un dernier atelier Jean Claude le sapeur pompier, explique simulation et maquillage à la clef, comment stopper une hémorragie par des points de compression ou par le recours à un garrot. Sachez qu'une fois ce garrot placé, il ne devra être retiré que par les services de secours -après traitement : en effet, un membre privé de sang produit une toxine ; si vous libérez ce garrot, la victime succombera à un empoisonnement du sang (septicémie)...
L'assistance aux victimes réclame autant le sens de l'initiative que l'art de la prudence : il ne faut pas faire ce que vous ne savez pas faire, un mauvais geste pourrait aggraver l'état du blessé... mais ne pas agir peut s'avérer fatal ! Cette initiation s'est conclue par des remerciements aussi nourris que mérités envers :Jean Claude, Olivier, René, Stéphane.
Une journée vraiment instructive qui aura donné envie à plus d'un "élèves" de suivre la formation complète. Parmi ces adeptes du Krav Maga, certains se sont rendus, le soir-même, à Cholet (49) pour participer à un gala d'art martiaux... histoire de distribuer quelques coups bien sentis... Chassez le naturel d'un pratiquant de krav, il vous reviendra par un direct ! Vite appelez les secours !
Philippe
Loïc et le staff de L.A.S.D, remercie infiniment : Jean Claude, Olivier, René, Stéphane pour leur prestation et pour nous avoir accueilli dans leur locaux.